L'Œil de Témériis-le-Noyé
Quand vient le temps de l'aventure...
L’air était chargé de l’odeur des branches de chèvrefeuille fraîchement coupées et rassemblées sur une des gerbières qui obstruaient la rue des Parfumeurs. Ici, le bruit était assourdissant, entre les clochettes activées pour encourager la circulation et les altercations des marchands. Les quelques notes angéliques des joueurs de lyres rassemblés sous les orangers de la place étaient d’une douceur ridicule au milieu de ce tintamarre.
Tous les matins, Shana passait ici pour rejoindre le palais dans lequel elle travaillait. Elle se hissa sur la pointe des pieds pour mieux juger du chemin à se frayer au milieu de la foule et croqua dans une pomme juteuse. Elle s’excusa à plusieurs reprises, même lorsque c’est elle que l’on venait de bousculer. Une habitude prise ici même à Pandorfrey, « une attitude de bourgeoise » lui signifia sa petite voix intérieure. Et alors ? Si cela lui permettait de progresser plus rapidement ?
Devant la grande distillerie, Shana accélérait toujours le pas. Les effluves d’alcool lui picotaient les yeux et lui obstruaient l’œsophage. Elle avait horreur de cela. Elle était heureuse d’arriver devant la fontaine centrale ornée de fleurs géantes qui la dépassaient d’un bon mètre. Elle s’arrêtait là et buvait en utilisant la paume de sa main. Un vieux savant courbé sur sa canne en acier l’observait comme chaque matin troquer ses bottines pour des sandales propres tirées du sac. On ne pouvait décemment pas entrer dans le pawaki, chargée de poussière ! Aussi, elle tapota d’un geste vif son large pantalon couleur terracotta retenu aux chevilles par des lanières de coco et leurs boucles réglables. Une fois les bottines dans leur sac de toile, elle gratifia le vieil homme d’un sourire avant de s’arrêter devant un étal de gerbes de fleurs séchées. Elle siffla. Un homme voûté par des années de travail et le teint buriné s’avança. Il jeta un outil sur une vieille table en bois.
– Toujours à l’heure !
– Comme hier, comme demain ! dit jovialement Shana.
Il tira de sous l’étal un sac en toile de jute qui contenait des pétales de roses et le lui tendit.
– Merci ! dit-elle en posant une bourse de rukes sur la table avant de s’éloigner.
– Eh ! Pense à me rapporter les sacs. Tu oublies toujours !
– Oui ! Oui ! grommela Shana en vérifiant le contenu.
Puis, elle bifurqua vers la droite dans une ruelle pavée plus propre qui finissait sa course sur un imposant palais de calcaire ocre. Les voilages rouges flottaient devant les fenêtres sans vitrage. Seuls des volets en bois étaient utilisés pour les jours d’intempéries ou lorsque la chaleur se faisait trop oppressante. Aujourd’hui, une agréable brise apporterait de la fraicheur à la journée. Shana se réjouit : les volets resteraient ouverts et la lumière serait omniprésente dans le palais.
Dès qu’elle arriva au pawaki, un domestique à la moustache bien taillée s’avança vers elle et récupéra le sac de jute. Les pétales serviraient à agrémenter les bains des femmes dans l’après-midi.
Shana monta quatre à quatre les escaliers en bois des domestiques. Elle jeta son sac sur une commode et se déchaussa avant de se laver les mains. Une cacophonie joyeuse arriva à ses oreilles et la fit sourire. De petites voix discutaient dans les couloirs. Les petites Ephées se rendaient au salon. C’était l’heure du conte. Leurs petits pieds foulaient la fraîcheur du marbre de l’escalier principal. Shana les regarda passer puis ajusta sa natte rouge et disciplina sa longue frange.
Elle suivit à son tour le couloir et s’arrêta dans l’encadrement de la porte de l’antichambre du salon contre laquelle elle posa son épaule, et croisa les bras. Ses trois amies étaient de dos. Wissa, la plus introvertie, tenait entre ses mains un de ces anciens grimoires de l’étagère arrière de la bibliothèque que personne ne lisait hormis elle. Melphéa, sa sœur au sein du pawaki, était une excellente athlète, mais dans un salon, elle brillait par sa réserve. Elle avait cette expression atone qui énervait Shana, mais elle s’animait dès qu’elle pouvait s’exprimer corporellement. Quant à Roxanna, elle était pourvue d’une grande assurance. Forte de sa place de Favorite du Pawak, elle menait les femmes du Général Térémor avec poigne.
Shana écoutait avec plaisir la voix harmonieuse de la conteuse quand elle fut tirée de ses réflexions à l’évocation de Temeriis-le-Noyé…
Une légende venue de contrées lointaines, par-delà les océans de l’Est, évoque l’existence d’une vaste île. Elle portait en son sein, le royaume prospère d’Aaras-les-Flots. Ses habitants étaient d’une profonde bienveillance et vivaient en parfaite harmonie. Leur éternelle soif de connaissances leur avait permis d’allier magie et sciences. On les nommait les Alchimistes.
L’écho de leur richesse retentissait au-delà des océans. Et bientôt, la menace des royaumes d’Axtréaone et de leurs puissants navires de guerre fit planer la crainte de l’invasion.
Pour garantir la paix à leur peuple, les Alchimistes avaient créé le « miroir du soleil », une opale d’une grande pureté. L’on rapporte que le soleil s’y contemplait si longuement que même la nuit ne parvenait plus à tomber sur le royaume.
Confiée à leur roi Témériis, l’opale avait le pouvoir de repousser les Ténèbres, mais aussi tous ennemis mal intentionnés. Le Royaume connut ainsi plusieurs décennies de paix.
Un jour, Axtréaone proposa d’échanger plusieurs Dragons contre des richesses d’Aaras-les-Flots. Témériis refusa toute négociation. Mais son fils Pentos-Mirii, rêvant des terres d’Axtréaone et de ses Dragons, se rebella contre ce père peu enclin à l’ouverture des frontières. Une scission divisa le royaume et deux clans se formèrent. Pentos-Mirii fit construire des bateaux pour ouvrir l’île au commerce. Aux heures les plus sombres de ces luttes intestines, Témériis fit entrer le soleil dans l’opale et l’utilisa pour brûler toute la flotte du royaume. Dans un excès de fureur, et après une lutte acharnée contre son roi, Pentos-Mirii retourna l’opale contre son père, la lui enfonça dans l’orbite droite avant de le noyer dans les eaux turquoise d’Aaras-les-Flots.
Deux jours plus tard, rongé de remords, Pentos-Mirii tenta de retrouver le corps de son père, mais en vain. Nul ne retrouva jamais celui qu’on nomma dorénavant « le Noyé ».
Hanté le reste de sa vie par le fantôme de son père, Pentos-Mirii fut un piètre roi. Son règne marqua le déclin du royaume d’Aaras-les-Flots.
Lorsque, bien des années plus tard, les habitants du royaume construisirent à nouveau une flotte, on dit que Témériis-le-Noyé apparut, son opale en guise d’œil droit, et brûla tous les navires. La fumée noire et épaisse qui se dégagea du brasier resta en suspension. Elle cacherait aujourd’hui encore l’île à la vue des téméraires navigateurs qui tentaient de s’en approcher.
La malédiction planera sur l’île jusqu’à ce que « le Noyé » retrouve son trône.
Les enfants levèrent les mains, impatients de poser des questions tant cette histoire les passionnait. La conteuse posa délicatement son ouvrage et s’apprêta à leur répondre. Dans le salon, la Favorite et ses amies reprirent leurs tâches. Melphéa trempa le bout de ses doigts dans la peinture, mais avant de poursuivre sa toile, elle jeta un œil dans la salle d’éducation et grommela :
– Je ne comprends pas pourquoi cette histoire est au programme ! C’est un parricide… Quel exemple pour la jeunesse !
– Ce n’est qu’une histoire, s’amusa Shana.
– Ah ! Tu es là, toi ! s’étonna Roxanna en se tournant vers la jeune femme. J’espérais que tu serais à l’heure. Je voulais que tu entendes ce conte !
– Je suis arrivée à l’heure. Et de toute façon je le connaissais déjà, précisa Shana en prenant place autour de la table.
– J’ai volontairement choisi celui-ci aujourd’hui, expliqua Roxanna.
Melphéa s’essuya les mains et Wissa troqua le livre contre un stylet avec lequel elle collait des fleurs séchées sur un cadre. La Favorite reprit :
– La semaine dernière, Perouz de Lign a acquis une toile…
– Un parchemin, rectifia Wissa.
– Soit, un parchemin, que Wissa souhaitait si ardemment qu’elle était prête à s’endetter…
– Wissa ? s’étonna Melphéa.
– Pourrait-on me laisser finir ? s’irrita Roxanna. Merci ! Donc elle voulait ce parchemin, me l’a fait savoir et l’a perdu en faveur de Perouz de Lign.
– Qui est-ce ?
– Ni plus ni moins qu’un brigand d’Abertajus qui s’est enrichi grâce à la spektrine. [1]
– Considérablement enrichi, ajusta Wissa, contrariée.
– Je suis navrée pour ta toile, acheva Melphéa en trempant l’index dans une couleur bleue.
– Un parchemin ! rectifia Wissa sèchement.
Melphéa se nettoya à nouveau le doigt. Il était inhabituel que Wissa s’énerve de la sorte. Aussi, elle comprit que la discussion était plus importante qu’elle n’en avait l’air. Shana se cala dans un fauteuil et Roxanna inspira profondément tout en se levant. Elle se plaça devant la salle d’éducation, accorda un sourire aux petites filles avant de fermer délicatement la porte en accordéon richement décorée par les Ephées au fil des ans.
Elle se retourna vers les trois femmes.
– Ce parchemin serait une carte, d’après notre experte des objets anciens.
Wissa acquiesça et poursuivit :
– Elle a été dérobée à Zéphir Behamed lorsqu’il a été condamné à mort.
– À qui ? demanda Melphéa en fronçant le nez.
– Un homme politique sur lequel Aurix s’est appuyé dans sa jeunesse, indiqua Roxanna.
– Il a été arrêté alors qu’il détenait des documents de haute sensibilité et a été mis à mort pour conspiration contre le Seigneur des Ténèbres et ses fils.
Shana se redressa, suspicieuse.
– La question c’est surtout de savoir ce que contient cette « carte ».
– Ces documents ont été récupérés par Aurix. Et les cartes jugées inutiles ont été vendues. Mais celle-ci avait de la valeur ! Parce que… Tu ne vas jamais me croire !
– Dis toujours !
– Elle indiquerait la route vers les Roches Bleues !
– Impossible, réagit Shana.
– Tu sais ce que c’est ? demanda Melphéa.
– Oh oui, Shana, tu as l’air bien au courant ! s’étonna Roxanna.
– Pas réellement. Je sais juste que c’est en relation avec Témériis, mentit Shana aussitôt.
Wissa se mit à raconter :
– L’histoire veut qu’après avoir été noyé, Témériis, pour ne pas être avalé par les abîmes de l’océan, ait abrité son corps entre les rochers de la jetée à la porte de la ville. C’est là qu’il aimait se promener à marée basse… Bon, passons… Il pouvait ainsi hanter son assassin de fils à sa guise et faire sombrer les navires qui voulaient approcher ou quitter l’île ! Sous la puissance de l’opale, les roches se seraient teintées de bleu.
– Pourquoi ?
– Ainsi, elles se fondent entre ciel et mer pour mieux perforer les coques des navires, dit-elle d’un ton naturel en haussant les épaules à la surprise générale.
– Charmant, murmura Melphéa.
– En tout cas, la carte indique l’entrée de la cité. Le seul et unique point d’entrée permettant de ne pas mourir noyé.
– C’est vraiment dommage, mais dommage ! pour ton objet antique… commença Melphéa.
– Nous allons le retrouver ! finit Roxanna.
– Quoi ? s’étonna Melphéa.
– Je pense que nous pourrions retrouver l’opale, renchérit Wissa avec motivation.
Melphéa chercha de l’aide auprès des deux autres. À l’expression de Roxanna, elle semblait du même avis alors que Shana semblait sur la réserve et le fit savoir :
– C’est une légende, les filles ! Juste un conte pour enfants !
– L’idée d’une cité disparue, moi ça m’a toujours plu ! s’enthousiasma l’historienne.
– N’importe quoi ! fit Melphéa avec stupeur.
– Les chroniques tenues par les pirates évoquent souvent Témériis-le-Noyé.
– Ah ! tiens donc ! Les pirates tiennent des chroniques maintenant.
– Parfaitement…
– Et toi, tu les connais ?
Shana détourna la tête. Roxanna l’observa un instant.
– Et que disent ces chroniques ? insista la Favorite.
– Mais oui ! Vas-y ! Parle-nous donc des théories des sanguinaires pirates ! railla Melphéa, sarcastique.
– Tu n’y portes pas vraiment d’intérêt… fit Shana pour éviter la discussion.
– C’est vrai, mais nous n’avons rien d’autre à faire que parler ! relança Wissa.
Shana capitula :
– Les pirates disent que lorsqu’ils s’approchent des côtes du Royaume, Témériis-le-Noyé surgit de l’océan et, de son œil, brûle leurs bateaux !
– Par Béliott ! Comme dans le conte ! s’étonna Wissa.
– Comme par hasard ! Oh, qu’ils sont créatifs ces pirates ! se moqua Melphéa.
Roxanna s’assura que nul n’écoutait la conversation et murmura :
– Ça veut surtout dire que… hésita-t-elle, tu crois qu’il existe un autre monde sur notre planète ? demanda-t-elle à Shana.
Celle-ci opina, provoquant le regard courroucé de Melphéa.
– C’est inconcevable ! prononça Roxanna.
– Pourquoi ? Il existe bien ce monde parallèle que l’on nomme Terre ! dit Melphéa en trempant ses doigts dans la peinture.
– Oui, mais cela ne se trouve pas sur notre planète ! Il me parait difficile d’imaginer un monde au-delà des mers, englouti ou non, qu’aucun Triton ne nous aurait conté !
– Et pourtant… moi je suis certaine de l’existence d’Aaras-les-Flots. Nombreux sont les pirates qui ont péri dans l’espoir de dénicher ses trésors !
– Ce n’est pas toi qui disais que ce n’était qu’un conte ? s’énerva Melphéa.
Shana lui adressa un sourire sans joie et se tourna vers la Favorite.
– Mais toi, que ferais-tu d’un tel butin ?
Roxanna reprit son ouvrage un instant dans le silence puis demanda subitement et d’un ton totalement détaché :
– Es-tu mon amie ?
– Bien entendu !
– Tu confies peu de choses sur ton passé.
– Tout passé n’est pas bon à être révélé. Il peut être douloureux, alors on préfère l’oublier. Ne me demande pas de faire revivre ces morceaux de ma vie.
– Soit !
– Merci !
– Mais tu étais une aventurière…
– J’étais souvent sur les routes, si c’est ce que tu voulais dire par là…
Le visage de Roxanna se ferma.
– Je veux ce trésor. Je le veux, car nous sommes en danger.
– Quoi ? s’exclama Wissa.
– Je ne voulais pas juste vous réunir pour le parchemin. C’est bien plus compliqué que cela.
Elle se réajusta dans son fauteuil et expliqua :
– Il y a quelques semaines, j’étais à la dernière entrevue entre Aurix et notre cher Térémor. Il parlait d’une fille.
– N’en a-t-il donc pas suffisamment ? soupira Shana en jetant un œil à la porte qui les séparait de la classe d’à côté, remplie de fillettes de cinq à quinze ans.
– Celle-ci est différente, selon Aurix, reprit Roxanna plus bas. Il la nomme sa « clé ». C’est celle dont il parle dans ses théories.
– Par Béliott !
– Elle serait capable de décupler sa force magique. Je crains alors que nous ne finissions toutes enceintes jusqu’aux dents, chuchota-t-elle.
Les filles s’observèrent longuement pour laisser à leur cerveau le temps d’envisager une telle chose. Depuis près de trois cents ans, le monde d’Axtréaone était resté figé. Plus aucune naissance de Créatures ou de mammifères n’était possible, et ce, depuis que les divinités nommées Axonnes avaient été massacrées. Envisager qu’un bébé puisse voir le jour sur cette planète semblait étrange.
– Même si ce n’est pas ce que tu souhaites personnellement, d’autres Ephées en rêvent.
– Oh ! Que dis-tu là ! Elles rêvent de liberté pour la plupart ! Non, laisse-moi te mettre en garde. Cela fait des jours que cette possibilité me trotte dans la tête… Si cette femme enrichit Aurix et notre Pawok en magie rouge, Térémor nous fécondera toutes ! Et pire… peut-être qu’à terme il nous monnayera !
– Ne dis pas de sottises. Térémor ne laisse aucun homme vous approcher, de près ou de loin ! raisonna Shana.
– Je ne veux pas prendre ce risque ! Lorsqu’Aurix et les Généraux auront leur descendance, d’autres en voudront… Ne me dis pas que cela n’est pas envisageable à tes yeux que le Pawok finisse par nous vendre ou nous donner à un de ses vassaux.
Melphéa n’avait jamais envisagé une chose pareille. Le pawaki d’Aurix contenait plus d’une centaine de femmes avec qui il « essayait » de procréer, mais elle fut bien obligée d’admettre que finalement il n’aurait pas besoin d’une centaine d’enfants ! Elle pâlit malgré elle et Roxanna le vit.
– Nous formons le pawaki de Térémor, un des plus influents généraux d’Aurix. Tous les pawakii sont concernés. Nous sommes trente-sept femmes ici avec les nouvelles… dit-elle en désignant du menton les futures « femmes » qui étaient en cours d’enseignement dans la salle d’à côté. Je me dois de les protéger. Je vois dans vos regards que vous comprenez mes craintes. Shana, tu es ma fenêtre sur l’extérieur. Tu es la seule qui puisse m’aider.
– Mais à quoi ?
– Trouver l’œil de Témériis nous rendra puissantes.
– Ouh là ! Ce n’est pas une mince affaire !
– Tu penses que je délire ?
Shana haussa les épaules, ne sachant que dire. Roxanna se tourna vers l’historienne.
– Wissa, va à Abertajus et retrouve cette carte.
– Avec plaisir !
– C’est de la folie ! Abertajus est une cité trop dangereuse pour elle, s’opposa Shana.
– Shana… Elle va y arriver.
– Non, je connais cette ville !
– Puis elle te retrouvera pour prendre le large, ajouta Roxanna.
– Où ça ?
– Je sais que l’aventurière que tu es a de vieilles connaissances. Je te paierai grassement !
– Quoi ?! s’offusqua Shana.
– Est-ce vraiment nécessaire ? s’opposa Melphéa.
– Ça va être génial ! déclara Wissa avec enthousiasme devant le regard hébété de Shana et de Melphéa.
– Retrouve la fille, Melphéa, et fais en sorte qu’elle ne rencontre jamais le Pawok Aurix, continua Roxanna
– Jamais… genre…
Roxanna passa lentement son pouce sur sa gorge de l’oreille gauche à la droite.
– Rien que ça !
– Je suppose que nous ne voulons pas être un objet qui passe d’une couche à une autre pour satisfaire l’envie des Pawok et de leurs vassaux, non ?
Melphéa soupira bruyamment tout en se nettoyant les mains.
– Je partirai dès demain.
– Parfait. Quant à moi, je vais tenter le plus subtilement possible de faire alliance avec le pawaki d’Aurix.
– Dame Djellana ! prononça Wissa les yeux ronds.
– Oui, soupira Roxanna… Dame Djellana… Peut-être qu’en lui exposant mon raisonnement, elle comprendra que son pawaki est tout aussi en danger que le nôtre.
– Et tous les autres… marmonna Melphéa.
L’inquiétude venait de se poser sur la tablée. L’idée de retourner dans le bourbier des pirates n’enchantait pas Shana. La peur qu’il arrive quelque chose à sa sœur de cœur faisait paniquer Melphéa. Alors que l’historienne ne pensait plus qu’à une chose : retrouver le parchemin !
[1] C’est ainsi que l’on nommait une drogue obtenue à partir d’une algue que l’on trouvait au large des côtes. Un fléau pour les contrées du Confin.
Commentaires
Enregistrer un commentaire